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08 mai 2026·6 min·par Djerno

Manifeste NOVAR : pourquoi un SaaS Studio en Afrique

NOVAR n'est ni une agence de développement, ni un éditeur SaaS classique. Nous nous définissons comme un SaaS Studio. Ce n'est pas un détail de positionnement : c'est le cœur de notre thèse opérationnelle. Voici pourquoi nous pensons que ce modèle est le plus adapté pour moderniser les secteurs traditionnels africains.

Le constat de départ

L'économie réelle, dans la plupart des pays africains, repose sur des secteurs traditionnels : distribution, agriculture, restauration, santé, éducation, BTP, transport. Ce sont les fournisseurs massifs d'emplois et de PIB. Et pourtant, ces secteurs sont chroniquement sous-équipés numériquement : Excel, papier, WhatsApp, mémoire du gérant.

Deux chemins traditionnels existent pour les équiper :

  1. L'agence de développement — un client paye un projet, on livre un logiciel sur mesure. Le logiciel est puissant mais coûteux, fragile à maintenir, rarement réutilisé.
  2. Le SaaS pur — un éditeur écrit un produit standard et le vend en abonnement à des milliers de clients. Économies d'échelle, mais le produit doit être suffisamment générique pour parler à tout le monde, ce qui le rend souvent inadapté aux spécificités locales.

Aucun des deux modèles, pris isolément, ne nous semble suffisant pour le marché africain.

La voie du SaaS Studio

Un SaaS Studio combine les deux logiques :

  • Côté SaaS : nous éditons nos propres produits B2B, vendus en abonnement, avec un cycle d'amélioration continue. Aujourd'hui, ce sont BIRDY (ERP & gestion comptable OHADA pour PME africaines) et FEEDORA (formulation alimentaire pour fermes avicoles).
  • Côté studio : nous prenons en charge des projets de développement sur mesure pour des entreprises qui ont des besoins spécifiques, hors du périmètre couvert par nos SaaS.

Les deux activités se nourrissent mutuellement. Les missions sur mesure nous mettent en contact avec la réalité du terrain — celle des dirigeants, des comptables, des éleveurs, des managers — et nous remontent des signaux précieux qui orientent ensuite la roadmap de nos produits SaaS. À l'inverse, les modules développés pour nos SaaS deviennent une bibliothèque de blocs réutilisables qui accélère considérablement les projets sur mesure.

L'ancrage local

Nous sommes basés à Conakry. C'est un choix structurant. Nous ne sommes pas une équipe distribuée qui contemple le marché africain depuis Paris ou Lagos. Nous sommes dans le tissu, nous parlons aux gérants en français comme en soussou ou en peul, nous comprenons les contraintes de réseau, de trésorerie, de main-d'œuvre, de réglementation OHADA.

Cet ancrage se traduit dans le produit : BIRDY est conçu pour fonctionner en condition réelle de coupure électrique, sur du matériel modeste, avec un comptable qui doit produire la liasse fiscale et le FEC exigés par la DGI Guinée. FEEDORA est conçu pour un éleveur de Kindia ou de Forécariah qui doit composer ses formules avec les matières premières disponibles localement.

Le modèle hybride, un avantage compétitif

Nous croyons que ce modèle hybride est exactement adapté à la phase actuelle de maturité du marché. Les SaaS purs internationaux (NetSuite, SAP, Odoo Cloud) sont trop chers, trop génériques, ou les deux. Les agences locales livrent des solutions ponctuelles qui ne créent pas d'actif durable. Le SaaS Studio permet à la fois de produire un actif réutilisable (le SaaS) et de répondre à la demande de personnalisation forte qui caractérise les marchés émergents.

Ce n'est pas un modèle facile : il faut résister à la tentation d'être uniquement agence (la trésorerie est tentante mais la trajectoire est courte) et à la tentation d'être uniquement éditeur (l'élégance est attirante mais l'adoption est lente). Trouver l'équilibre est exigeant opérationnellement, mais c'est notre conviction stratégique.

Notre engagement

NOVAR s'engage sur trois principes :

  1. Construire des produits durables, pensés pour être maintenus dix ans, pas livrés et oubliés.
  2. Servir d'abord les utilisateurs réels — comptables, gérants, éleveurs — avant les décideurs IT.
  3. Rester accessible : nos tarifs sont alignés sur le pouvoir d'achat des PME africaines, pas sur les standards de la Silicon Valley.

Nous ne cherchons pas à être le plus gros. Nous cherchons à être ceux qui comprennent le mieux. Et à laisser, derrière chaque déploiement, une entreprise qui pilote mieux qu'avant.

— Djerno, fondateur de NOVAR